Cette jolie petite cité médiévale a connu une importante prospérité , tout particulièrement aux XVIIe et XVIIIe siècle, avec le tissage et le commerce de fines toiles de lin que divers ports exportaient ,notamment Saint-Malo  , essentiellement vers les colonies espagnoles d’Amérique du Sud ; cette prospérité explique la richesse architecturale de la ville
         Nous commençons notre visite guidée par le tympan de la Basilique Notre-Dame de Délivrance , construite au 19ème siècle, à l’emplacement d’une ancienne collégiale : il représente  le patriarche de Jérusalem offrant à Geoffroy Botherel 1 er, seigneur de Quintin, la relique de la Ceinture de la Vierge, ramenée dans la ville au retour de la 7ème croisade avec St Louis . La vierge trône en majesté entre les deux personnages. Cette tradition a fait l’objet d’un culte très important durant plusieurs siècles, animé de nombreux pèlerinages et s’étendant à travers toute la Bretagne. Ce culte persiste encore lors des fêtes mariales.        

  Nous nous dirigeons, par  la Porte-Neuve, vers  les derniers vestiges d’anciennes fortifications et  vers la Tour des Archives ,menaçant de s’écrouler , mais dont la restauration imminente, grâce aux fonds du «loto du patrimoine » de Stéphane Bern, est un grand soulagement pour les  propriétaires du château  et une grande fierté pour les Quintinais.
   Nous déambulons dans le quartier des anciens bâtiments religieux, nombreux à Quintin, admirant au passage les belles demeures et hôtels particuliers de riches négociants :
              – La Chapelle St Yves
             –  Le couvent des Ursulines, maintenant transformé en logements sociaux.  Les Ursulines se consacraient à l’éducation des jeunes filles et aux soins des malades.
La Chapelle du couvent va être restaurée par son actuel  propriétaire.
            –  Le parc Roz Maria, richement arboré, des Pères  Carmes, arrivés en 1621, dont la vocation principale était de contrer un protestantisme très implanté dans la ville et d’éduquer la population à la religion catholique.  Les bâtiments et la moitié du parc sont actuellement une propriété privée transformée en chambres d’hôtes.
            – Par de petites ruelles et venelles, nous arrivons à l’hôtel de ville et à  la place 1830, date à laquelle furent détruites les Halles. Il faut imaginer cette place aux belles maisons à  pans de bois,  fourmillant  autrefois d’une intense activité commerciale.      

      Quintin était également un centre important de haute, moyenne et basse justice.
       Nous retournons vers la basilique. La statue de la Vierge de Délivrance et les ex-voto rappellent  l’intense ferveur avec laquelle les jeunes femmes enceintes venaient prier pour une délivrance heureuse.  Quatre fresques illustrent le don de la ceinture de la vierge, son retour à Quintin et l’incendie de la collégiale.
      Enfin, nous sommes accueillies au château par sa propriétaire, la comtesse de Bagneux. Ce château  est en fait constitué de deux châteaux. Le premier, construit au 17ème siècle est resté inachevé. Au 18ème siècle, le marquis de la Moussaye, beau- frère de Turenne, a construit l’actuel château à partir des communs et des écuries. Ce lieu a vu défiler, au fil des siècles, un long cortège de nombreux personnages de la haute aristocratie. Il accueille actuellement de nombreux visiteurs et des manifestations culturelles permettant le financement de travaux de restauration. Le remplacement de toutes les fenêtres est prochainement envisagé.       


Après une agréable promenade dans le parc,  l’exposition permanente  « les arts de la table » nous permet d’admirer une vaisselle et une argenterie d’époques  diverses. Nous prenons plaisir à  découvrir un  amusant jeu de quiz sur « L’art de bien recevoir », proposé au visiteur à chaque vitrine de l’exposition.
Un apéritif nous est servi dans le parc, puis le dîner aux chandelles, dans une grande salle du château. 

(photo soirée aux chandelles)
Nous terminons la soirée, sous la houlette de la belle-fille de la propriétaire, par la visite de pièces du château, richement meublées. Nous admirons tout particulièrement une charmante collection d’éventails.
Un  « Concours d’ateliers d’art de France »  s’est tenu au château. L’œuvre primée nous a amusées, intriguées, laissées un peu perplexes …
Merci  à Marie-France, Maryvonne, Christiane, pour l’organisation de cette visite

Béatrice Delafargue